« L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves... »

Inutile de préciser quel brillant orateur est l’auteur de cette réjouissante tirade.

Effectivement, on s’amuse comme on peut.

Je suis certaine que les concepteurs du concours d’attaché d’administration ont beaucoup ri. A s’en faire péter les boutons du costume trois pièces ! Ils ont dû se bidonner encore plus en entendant qu’ils étaient assimilés à des « guichetières ».

Mais notre président est un génie, j’insiste, un génie ! Son propos, au-delà de la boutade, est visionnaire, vous saisissez ce que je veux dire ? Allons, allons, cherchez un peu !!

Un petit indice : « les concurrents ». Et oui, désormais, il n’y a plus de candidats aux concours, mais des « concurrents ». Ce n’est pas la peine de vous faire un dessin.

Le premier représentant de l’Etat piétine donc, sur le fond, dans la forme et dans l’implicite notre belle République. Il n’y comprend rien. Il malmène au passage notre belle langue française. Outre une syntaxe approximative, il y a une faute qu’il fait à chaque intervention où il veut se la péter un peu, où il se la joue parvenu lettré, et je ne peux plus l’entendre cette faute, bien que  je ne sois pas une acharnée du subjonctif imparfait. En tant que linguiste, je me demande d’ailleurs si les interprètes traduisent ses fautes tel quel lors des rencontres internationales. Sans dec’, ça, ce serait vraiment marrant !!

Voici l'auguste  raison de mon ire :

Le plus haut dépositaire des valeurs de la République s’emmêle les pinceaux entre les personnes de l’imparfait du subjonctif : « la dette, fusse-t-elle (sic), réduite… »Ah, horreur et damnation !! FÛT, monsieur, le président, FÛT ! Ses audacieuses tentatives ne sont finalement pas si éloignées du célèbre « il fallait que sois fusse » du film « Entre les murs », de l’expression artificielle de ces jeunes qu’il voulait kärcheriser…

Une nouvelle version de Trotz alledem pour se remonter le moral :

http://www.youtube.com/watch?v=724j5MiALGI&feature=related

Trotz alledem

Es scheint, als ob das Kapital
in seiner Gier und alledem
wie eine Seuche, sich total
unaufhaltsam, trotz alledem,
über unseren Planeten legt,
überwältigt und beiseite fegt,
was sich ihm nicht freiwillig
unterwerfen will, trotz alledem.

Wenn das System auch fault und stinkt,
weiß doch kein Mensch, trotz alledem,
wann es in sich zusammensinkt.
Mächtig und zäh, trotz alledem,
wird es wohl noch weiter fortbestehn.
Doch sollte es zu lang’ so weiter gehn,
könnte, was danach kommt, sogar
noch schlimmer sein, trotz alledem.

Ein Sozialismus müsste her
mit neuem Schwung und alledem.
Denn wenn der wie der alte wär’,
würd’s wieder nichts, trotz alledem.
Doch auch wenn sich dieser Wunsch wohl kaum
erfüllen lässt, schützt uns der Traum
von einer bessren Welt vor der
Resignation, trotz alledem.

Was hält dieses System noch auf
in nächster Zeit, trotz alledem?
Wenn es sich schon in seinem Lauf
nicht bremsen lässt, trotz alledem,
woll’n wir ihm Sand ins Getriebe streu’n,
uns über die Störgeräusche freu’n,
wenn die Profitmaschinerie
laut knirscht und knackt, trotz alledem,
gewiss, dass auf der Welt
kein Übel ewig währt, trotz alledem

Et pour ceux qui aiment la tradition:

http://www.deezer.com/fr#music/result/all/der%20kleine%20Trompeter

Je jure, je la fais avec mes troisièmes, un vieux fantasme !!