C’est le troisième message que Lehrer1 reçoit ces dernières semaines et encore, il y en a eu d’autres durant l’année pour lui demander conseil au sujet des concours.

C’est là qu’on voit à quel point l’administration centrale est défaillante. De braves impétrants ou candidats et futurs du capes et de l’agreg d’allemand ont mille questions, mais faut croire que les instances centrales ont mieux à faire que de produire des textes clairs. Ben oui, fermer des postes, c’est chronophage.

Alors, voilà, malgré les vacances, je m’y colle.

 

Pour les conditions de diplôme, c’est le flou le plus total, il faut théoriquement avoir un master 2, ou équivalent, mais personne ne sait ce que c’est, ou n’est capable de l’expliquer.

C’est un peu comme pour la Thora, y’a la loi et son interprétation. Le Talmud du corpus de lois françaises est exponentiel et qui sait, peut-être y a-t-il un décret d’application jamais signé qui invalide tel article.

 

Ensuite, les épreuves : attention ça vient encore de changer !

Ca change tellement souvent que j’ai perdu le fil. Quoi qu’il en soit les épreuves de concours sont calibrées de manière très spécifique et demandent une certaine technicité et une préparation à l’université s’impose. Il y a peut-être des candidats libres qui réussissent, mais personnellement je n’en connais pas.

Ensuite les programmes me semblent ronflants, ils sont calqués sur les programmes du lycée avec des thèmes qui font très savants mais qui sont en réalité fourre-tout. Je plains les profs de fac qui doivent se démerder avec des intitulés aussi blaireaux que Mythes et héros ou La rencontre avec l’autre, l’amour, l’amitié. Avec Faust, ce qui est cool, c’est que ça marche pour tous les intitulés. le jury doit s'en bouffer du Faust, depuis cette réforme à la noix qui a viré les oeuvres des programmes.

Mais faut rester zen, on manque de profs, donc le CAPES est plus facile à décrocher qu’il y a quelques années, paraît-il.

 

Que se passe-t-il ensuite ?

Lorsqu’on a le Capes, on doit faire un stage d’un an avant d’être titularisé, en principe dans l’académie d’origine, mais pas toujours. Le service est de 9h de cours hebdomadaire et on doit suivre des formations toute l’année.

Si tout se passe bien on est titularisé et affecté sur un poste quelque part en France. Ce sont les demandes de mutation. En principe on atterrit dans une académie déficitaire : en gros Créteil, Versailles, Reims et quelques autres pas franchement dans le sud. L’exil peut durer 5, 6 , 12 ans, selon l’académie visée.

Pour éviter de partir, il faut soit, avoir un tonton bien placé, soit connaître des combines que j’ignore mais qui existent, soit avoir un dossier médical sérieux, ou alors opter pour le Cafep, capes privé, mais là j’y connais rien.

 

Pourquoi devenir prof d’allemand?

Je crois que c’est la question à se poser en premier lieu. C’est pas très fun au quotidien : on doit faire du racolage pour maintenir les effectifs, on vous colle des emplois du temps de merde car on n’a que des bouts de classe, on doit se taper un échange souvent tout seul, on est exposé au quotidien à la germanophobie, qui est une réalité, même si vous avez-vous-même un grand-père mort en déportation, et on subit les coupes claires de l’administration centrale, on claironne sur l’amitié franco-allemande, tout en vous menaçant de fermer votre poste, on torpille les classes bilangues en douce, etc…Ca c’est ce qui use. Mais il y a aussi les bons côtés : les élèves, quitte à paraître ringarde, j’affirme que c’est un plaisir de les sensibiliser à une culture différente, à l’art et à la littérature, leur faire découvrir un musée, et qu’ils ne sont pas si réticents que ça.

Voilà, pour moi le jeu en vaut la chandelle, mais jusqu'à quand?