Qu'est ce qu'on fait maintenant?

La grève du mois dernier, la manif d'aujourd'hui, ça met du baume au coeur, mais les effets escomptés se font attendre. C'est dur de voir ces événements réduits à un entrefilet dans les grands journaux, à des reportages de quelques secondes entre la guerre des prix des taxis et les motards en colère à la télé.

La mobilisation, le courage à l'échelle locale seraient peut-être plus efficaces pour qu'on en finisse avec cette réforme du collège dont le seul objectif est de faire des économies sur le dos des élèves.

Le ministère et ses sbires sont affligeants de mauvaise foi et de manipulations honteuses. Alors, imitons nos maîtres!

- Les formateurs désignés, conviés à devenir référents de la réforme peuvent refuser la mission qu'on veut leur imposer. Bien des collègues l'ont déjà fait. Il faut saluer leur courage, c'est jamais évident ce genre de démarche.

- Messieurs et mesdames les IPR, suivez l'exemple de l'un d'entre vous qui a, paraît-il, eu le courage de démissionner face à la bêtise de cette réforme et à l'entêtement de l'institution. Nul doute qu'une fois la réforme envoyée ad patres on vous réintègrera.

- Collègues twittos ou adeptes d'autres réseaux sociaux, pourrissez les blogs de campagne, pages facebook de vos élus qui ont voté contre le maintien des classes bilangues et euro. Voici le détail du scrutin . Si les têtes de liste aux régionales voient fleurir les torpilles dans leurs petites affaires bien à eux, ils feront peut-être pression sur le gouvernement.

- Dans les établissements, il y a peut-être moyen de trouver une façon d'exprimer notre hostilité au projet sans passer pour des fous furieux: convaincre les collègues de saborder les séances de formation prévues, conseil péda et autres : 1ère alternative: en pratiquant une politique de silence absolu. 2ème possibilité: parasiter le déroulement de ces réunions en multipliant des questions débiles ou hors sujet (par ex. demander aux intervenants de commenter une des nombreuses perles de MMe Florence Robine comme son magnifique "Les élèves n'ont pas forcément besoin d'enseignants pour apprendre".  

Perso, je préfèrerais la 1ère solution: les rectorats ne sont pas en mesure de proposer techniquement la mise en oeuvre du collège 2016. Ils comptent sur nous pour qu'on trouve des solutions à l'organisation concrète. Ils n'oseront jamais le reconnaître, mais sans la collaboration des équipes  péda, leur machin est inapplicable. Je pense que l'institution pourrait reculer si on ne leur livre pas les solutions qu'ils attendent impatiemment, précisément au mois de décembre.

- On pourrait également envisager des actions locales: demander des audiences aux IPR pour aborder concrètement le sort de tous ces profs d'allemand qui vont se retrouver en sous-service l'an prochain. Ou encore  entreprendre des petites actions symboliques : aller déposer tous les manuels scolaires en réserve dans nos CDI qui vont devenir obsolètes dans des lieux à définir par ville ou par département. Ce genre de chose quoi. Au lieu de bouder la certification dont tout le monde se tamponne.

Chaque collège a ses particularités, si vous avez d'autres idées, vous pouvez les poster en commentaires.